La Fabrique a pris la décision de se départir de l’église parce qu’elle était devenue trop grande pour la communauté religieuse qu’elle accueillait, et que les finances n’étaient plus suffisantes pour assurer la pérennité de la bâtisse.
« Ce qu’on a connu comme paroisse, c’est terminé. La communauté religieuse est en train de changer de visage. […] C’est difficile pour les gens, ils ne veulent pas perdre leur église. […] Mais l’important, c’est qu’ils comprennent que c’est pour assurer l’avenir du patrimoine», mentionne l’abbé André Boudreault, prêtre et responsable du patrimoine religieux au Lac-Saint-Jean.
La municipalité de Saint-Prime a payé les services d’un consultant pour aider la paroisse à préparer le dossier, et la rencontre citoyenne de mercredi soir vise à présenter les conclusions et à lancer effectivement l’appel de projets pour offrir une nouvelle vocation au bâtiment religieux.

Certains ont déjà démontré de l’intérêt, glisse M. Boudreault, mais il assure que les projets seront certainement analysés en profondeur pour êtres qu’ils sont viables.
«On veut s’assurer que quand on cède l’église, que ce soit sécuritaire. Il ya eu l’église Saint-Joachim pour laquelle des promoteurs avaient un projet, mais ça n’a pas fait et ils ont abandonné le projet et l’église. Alors on veut éviter ça», se souvient-il.
Tous types de projets
L’église peut être cédée à la Ville pour la somme de 1 $ symbolique afin d’accueillir des projets communautaires par exemple, mais des promoteurs privés peuvent également s’appliquer sur l’appel afin d’implanter des projets porteurs de sens pour la communauté.
«Ça dépend de la municipalité, et si ça répond à un besoin de la communauté», insiste André Boudreault.
Il prend comme exemple l’ancienne église Sainte-Marie-de-l’Isle-Maligne, à Alma, qui accueille maintenant le Saint-Crème, celle de l’Ascension-de-Notre-Seigneur qui est devenue un bâtiment multifonctionnel, celle de Saint-Stanislas qui a été transformée en centre d’escalade avec un restaurant ou encore celle de Saint-Augustin qui sert de salle de spectacle.

Les intéressés ont donc 45 jours pour soumettre leur projet, qui sera ensuite analysé par le comité de gestion et les administrateurs de la communauté chrétienne. S’il remplit tous les critères, une assemblée se réunira pour voter pour le meilleur projet. Il faut 70 % de oui pour que le projet aille de l’avant, et c’est l’évêque qui aura le dernier mot.
Au Lac-Saint-Jean, il y a déjà 12 églises sur 45 qui ont été cédées pour trouver une nouvelle vocation et ainsi assurer la pérennité des bâtiments religieux.
Une structure saine
Un carnet de santé a aussi été émis et il présente une structure et des murs sains, et il n’y aurait pas de présence d’amiante. Près de 400 000 $ ont été investis pour refaire la toiture et le clocher de l’église.
« Il y a de petites réparations à faire, mais ce n’est pas majeur. La plupart des églises du Lac-Saint-Jean sont quand même plutôt en forme», souligne l’abbé Boudreault.
Rien de majeur donc, mais il se peut que les prochains occupants des lieux doivent partager le sous-sol avec trois curés qui ont été enterrés là dans les années 1920-1930. À moins que la paroisse de les exhumer.
Quant à la communauté religieuse qui utilisait l’église comme lieu de culte, elle devra se trouver un autre endroit. Mais ce dernier aspect n’inquiète pas outre mesure l’abbé Boudreault, qui explique qu’après un petit temps d’adaptation, la communauté gagne au changement, notamment en termes de proximité entre les membres.


